Qu'il fait bon ne plus travailler

Publié le par aline27

J'apprécie tant ne plus travailler, que je ne peux que  vous  le confier ....
Ne plus être tenue par l'heure, ne plus avoir à rendre des comptes, ne plus se soucier de ce qui n'est pas fait , ne plus se tracasser de ce qui aurait pu être mal fait , ne plus subir le mépris ...
Combien de fois ai-je soupiré comptant les années, les mois me séparant de ma retraite, ne voulant plus continuer ainsi, n'en pouvant plus tout simplement ...
Et puis septembre 2007 en a décidé autrement, je n'attendrais pas mes 60 ans pour m'arrêter de travailler ...
Bien sûr, j'aurais préféré malgrè tout aller jusqu'au bout, et pour cause... 
Je dois avouer, maintenant que je vais mieux , ne plus travailler a été pour moi une véritable délivrance.
Ce n'est pas le travail en lui même qui me coûtait, c'est la façon dont il était exercé...
Jeune, lorsque j'ai commencé de travailler dans la justice, j'étais heureuse pensant accéder à un autre univers, j'ai vite déchanté, la justice, quelle justice ?
Les magistrats et tout leur "cinéma" ...
Mais ce que je faisais me plaisait, à l'époque pas d'informatique, au greffe civil, les jugements, les rapports d'expertise, les casiers judiciaires m'intéressaient, l'ambiance
était correcte. C'était la bonne époque . Après quelques années d'interruption, j'ai continué d'exercer dans le milieu judiciaire, mais là au sein d'un cabinet d'avocats..
Une dizaine d'années tranquille s'est écoulée, où nous étions appréciées ma collègue et moi . Nous avions affaire à l'avocat passionné par son métier, considérant chaque dossier important , ce n'était pas pour autant l'avocat provincal , ayant même  défendu dans sa jeunesse Ben Barka..
Lorsqu'il a vendu son affaire à sa stagiaire qui par la suite s'est associée ... tout a  changé, tout a été désorienté, bouleversé...
Au début, on avait besoin des deux anciennes comme repères, elles connaissaient bien les clients, elles savaient aussi gérer mais elles n'avaient pas fait de droit ... ce n'était que des secrétaires ...
L'ingratitude dominant, les secrétaires restaient des secrétaires ...
Le mépris a commencé, nous n'avions pas les mêmes valeurs
Pourtant le travail se faisait, les assignations étaient lancées, les conclusions rédigées.
Il faut préciser que le monde des avocats est un monde spécial...Pour la plupart, ayant fait des études supérieures, devant défendre autant la victime que le prévenu, ils doivent trouver argument de n'importe quelle façon et jouent de l'interprétation des lois ni plus ni moins . Ce sont des bons comédiens, ils se considérent être plus ou moins indispensables. On a besoin d'eux ... et ils en profitent  et tout ce prestige leur monte à la tête... pour la plupart tout du moins .
La secrétaire se devait d'être là à tout entendre , à tout comprendre comme par enchantement, pourtant elles n'avaient pas fait de droit .
C'est la secrétaire pourtant qui faisait le tampon entre les clients et les patrons qui recevaient les reproches lorsque ces derniers ne s'occupaient pas assez vite de leurs dossiers.
C'est la secrétaire qui rassurait la maman lorsque les droits de visite ne se passaient pas très bien.
C'est la secrétaire qui aidait à remplir certains dossiers..
C'est la secrétaire qui tout simplement mettait à l'aise ces personnes intimidées qui venaient pour la première fois dans ce cabinet d'avocats...
Les clients savaient très bien nous apprécier , puisque des fleurs, des chocolats, des cartes postales nous étaient régulièrement dédiées...
Mais nous les secrétaires devions tout simplement nous taire, ces gens imbus d'eux mêmes qui pourtant étaient nettement plus jeunes que nous avaient la prétention de tout nous apprendre ... nous ne devions pas connaître la vie ???
Etre ainsi diminuées, méprisées nous a rendu souvent bien mal en point ... mais nous allions travailler ... et puis, moi l'année dernière et toi cette année A. ...
Coïncidence? ou tout simplement le stress ?
Vous comprendrez pourquoi ne plus travailler est une véritable délivrance.

Publié dans SOUVENIRS

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C
Je te comprends.. le mépris c'est une arme qui tue les autres. <br /> Je te fais bisous <br /> clem
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A
Si chacun respectait l'autre, il n'y aurait pas toutes ces tensions, mais rêvons !!!<br /> j'apprécie chaque moment maintenant croyez moi et je ne m'ennuie pas ,tout à l'heure je vais voir Rachel. Je vous embrasse . Josy
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C
hélas ! josy, ce qui t'est arrivé arrive dans tous les métiers <br /> on appelle ça, les subalternes -<br /> que feraient les patrons, les directeurs, les cadres sans subalternes ? <br /> que feraient les médecins en hopital sans les infirmières ? <br /> ils mettraient la clé sous la porte tout simplement mais ça, ils préfèrent faire l'autruche et ne pas reconnaitre le travail du "petit personnel" <br /> quelquefois, je me dis que s'il y avait cohésion de tous ces métiers dits subalternes afin d'arrêter le travail pendant une semaine, les petits chefs et cadres se rendraient compte du travail effectué par ces personnes <br /> mais bon ! on peut toujours rêver hein !! <br /> repose toi bien et va de l'avant josy - il n'y a que ça qui compte aujourd'hui
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P
Comme je te comprends josy et puis tu vois comme toi,j'attendais qu'une chose ARRETER de travailler dans cette boite où on entendait plus que PRODUCTIVITE,FAITES DU CHIFFRE...D'ailleurs nous avions un quota à faire par conseillere pour les chiffres.Je travaillais dans la VENTE PAR CORRESPONDANCE,tu sais celle qui va virer + de 700 postes pour réouvrir d'autres magasins beaucoup plus grands et ré-embauchez plus tard...(j'etais reponsable adjointe,je passais les commandes,traitais les retours,reclamations,sav,colis...)<br /> Bref,j'y travaillais depuis 83 et j'en avais ras le bol.D'ailleurs je me suis usée le dos là bas mais je ne pouvais pas partir comme cela,avec 2 enfants et puis la vie qui est si chère...non,je n'avais pas le cran de le faire.<br /> Mais...Elle est arrivée cette sciatique qui m'a clouée au lit 9 mois puis les hopitaux,examens...et reprise du travail en mi -temps thérapeutique mais ça n'allait pas mieux,alors,arrêt de travail sur arrêt de travail puis convocation à la sécu,à la médecine du travail car je n'arrivais même plus à marcher.Alors j'ai été jugé INAPTE et comme il n'y avait pas de poste pour me reclasser,j'ai été licencié.<br /> Bref,ça fera bientôt 3 ans et je t'avoue que même si parfois j'apprécie comme tu dis le bon coté des choses comme plus d'horaire,de compte à rendre au patron....parfois j'aimerai retravailler car je me sens souvent inutile.<br /> Bon,je m'occupe bien sûr et puis je sais qu'avec la fibro,je ne peux plus prendre d'engagement,promettre et ne pas tenir mes promesses car avec cette maladie,on ne sait jamais comment on va être d'une heure à l'autre.<br /> Mais,comme tu le sais,je pense que rien n'est un hasard,alors parfois je dis MERCI à mon dos qui m'a délivré de ce travail de merde que j'avais.<br /> Alors,je te comprends et surtout être traiter comme je ne sais quoi par des jeunes cadres dynamiques qui arrivent sur le marché du travail en se croyant tout permis et surtout en se croyant INDISPENSABLE.<br /> T'as dû en voir durant ton boulot.Moi aussi j'etais une ancienne mais malgré que les ptites jeunes voulaient se la jouer,on arrivait vite fait à les recadrer car elles avaient trop besoin de notre "savoir faire" et de notre expérience.<br /> Tu sais,je plains les jeunes de maintenant ca le monde du travail est sans pitié maintenant.C'est marche ou crève!!!!!<br /> Pas de pitié,si tu veux y arriver parfois,il faut écraser les autres et ça me dégoute.<br /> En fait,je suis bien contente de ne plus travailler.<br /> BISOUS JOSY
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