MAM ROSETTE

Publié le par aline27


Aujourd'hui, je vais commencer à vous raconter une histoire
Une histoire réelle, une histoire vécue,
Je vous raconterai le début de cette histoire, le début de cette vie ..
C'est celle de l'enfance d'un être cher, très cher ,
de quelqu'un qui a été tout pour moi, je ne l'ai pas assez connu...

il nous a laissé quelques "mémoires" comme il disait de sa vie ...
je ne le trahirai pas en vous racontant un peu de son enfance.
Elle est trop pleine de sens, de richesses, de leçons aussi...
Pour celles qui me connaissent un peu,
elles auront certainement reconnu de qui je veux parler aujourd'hui...
de mon beau père que j'appelais le plus naturellement papa..

J'ai connu ce Monsieur,   il avait 68 ans , une magnifique chevelure blanche, le dos un peu voûté par l'usure du travail , ses yeux bleus magnifiques que je qualifiais "persants" tellement ils étaient vifs . C'était pour moi le vieil homme rempli de sagesse , avec tant d'expérience ... je l'écoutais des heures et des heures...
Il m'a beaucoup appris ...

De savoir ce qu'il était  devenu  et ce qu'il avait vécu lorsqu'il était petit
me remplissait d'admiration

Je reprendrais bien souvent les propres termes de ses écrits
il avait la plume facile ... une très belle écriture ,
Il aurait aujourd'hui 105 ans, il a fait ce récit en 1984, un an avant sa mort...

"figurez-vous un petit enfant orphelin de père et de mère trainant dans les rues il avait dix ans et n'en paraissait que sept, habillé en plein hiver comme en plein été d'une petite veste, d'une petite culotte  et c'est la tout de ce qu'il possédait comme vêtements , pieds nus car il ne supportait pas les gros sabots de bois, sans bride que lue lui remettait la commune, ses petits pieds en étaient meurtris, c'était lourd , il préférait courir pieds nus pour pouvoir gambader et courir dans les pâturages sur l'herbe, gambader dans les bois .
Je n'étais pas en peine pour me coucher. Ma grand mère Rosette je ne la voyais presque jamais, jamais, elle était malade presque toujours couchée, jamais je n'entrais dans sa chambre, une certaine crainte , une appréhension je ne sais quoi, m'empêchait d'avancer, j'étais là debout regardant dans le noir de la chambre et silencieusement je pleurais."....

Quelques pages plus loin, cet enfant démuni de tout , était heureux.
Mon beau père était belge, sa grand mère habitait à Blaton...

" je m'en retournais dans le bois de Bonsecours, chose que je n'ai jamais oublié , ( il écrivait cela plus de 70 ans après...) il y avait des tous petits oiseaux de toutes les couleurs qui n'étaient pas plus gros que mon petit doig . Ils sautaient de branches en branches en se rapprochant de plus en plus. Je passais des heures à les regarder tellement ils étaient petits et jolis , de toutes sortes de toutes les couleurs, bleu, jaune, vert, rouge...
C'était magnifique, Merveilleux, un véritable paradis que je n'ai jamais revu..
Tout a été rasé, retourné au bulldozer..."
" j'en profitais pour me faire un lit de feuille et de mousse puis je me couchais et m'endormis  jusqu'au matin, jusqu'aux premier chants des oiseaux , je me levais rapidement descendant la petite bruyère à bride abattue. En un rien de temps je fus arrivé à la maison, je bus un verre d'eau et repartis dans le village.....

... "l'hiver pour moi comme pour les petits oiseaux c'était très dur à passer.

Je me vois encore un soir d'hiver, après avoir trainé toute la journée rentrer assez tard dans ma chambre sombre, repoussant la porte , la tenant fermée avec un seau d'escarbilles qui se trouvait là continuellement pour empêcher la porte de s'ouvrir , puis je rapprochais par habitude les deux vieilles chaises  dépouillées qui se trouvaient au mileu de la pièce et je m'étendais dessus  sans oublier au préalable  de  détacher d'un bout du mur une vieille jupe de ma grand mère une cotte comme parfois on les désignait à Blaton  pour me couvrir en guise de couverture .
Peu de temps après je dormais d'un sommeil profond et c'était comme cela tous les soirs
Certaines nuits, il gelait tellement fort dans la chambre que l'eau du seau et le café dans la cafetière étaient gelés durs comme la pierre.
Un matin qu'il faisait très noir, je me levais rapidement car n'oublions pas de dire que je faisais toujours pipi au lit, s'il faut appeler cela un lit. J'étais donc trempé, grelottant de froid, j'ouvris la porte et comme un fou, je disparus dans la nuit en hurlant je ne sais quoi, c'était malheureux, pénible  à voir .
Le soir je réapparus comme d'habitude comme rien ne s'était passé.
Sinon je restais couché dans un coin d'une vieille maison incendiée depuis longtemsp que l'on appelait la baraque Zouzain qui se trouvait à l'entrée du bois de Bonsecours ...
Quand il faisait beau, je n'étais jamais en peine pour me coucher , quant à la  nourriture, je ne mangeais pas toujours à ma faim, mais j'arrivais toujours à me débrouiller.

Pour moi, la chose primordiale c'était la LIBERTE, elle passait avant le boire et le manger: courir partout dans les pâturages sur l'herbe tendre, j'étais heureux...

Je connaissais le pays mieux que quiconque , tous les sentiers, ruelles sombres maisons en démolition où bien souvent, j'y couchais quand il commençait à se faire tard."

Que l'on ne me plaigne pas car je n'étais pas malheureux d'être pavure, mais heureux .

"courir, gambader, maruauder même était mon fort..."
Tantôt, je me trouvais au beau milieu d'un champ de navets ou de carottes en train de m'en foutre plein la panse,  quand surpris par l'arrivée du propriétaire:
- "dis donc, Emilie, qui c'est ce petit voleur, ce petit saligot?"
- " bah, c'est le peit de MamRosette tu sais le fis du bazar de la misère "
- "qui?"
- "Mamrosette, tu sais bien de la rue du fond de la ville"

Nous étions trois gamins et une fille on nous appelait les enfants du bazar de la misère parce qu'au début nos parents étaient commerçants et avaient un bazar...Mon père partait tous les jours avec son cheval et une longue charette .... ma mère en a eu assez de cette vie et elle nous a abandonnés.... "

( Mam Rosette n'a pas continué de le garder .... comme vous vous en doutez)

Publié dans SOUVENIRS

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P
un ptit coucou josy en esperant que tu ailles bien<br /> de gros bisous et à très vite
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M
Bonjour Josy , ne t'inquiéte pas je sais que tu es occupée ,puis il faut profiter des moments passés avec tes filles c'est important , surtout que tu ne les a pas toujours avec toi ! Passe un bon aprés midi douce amie , bisous ,a plus tard
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C
Bonjour,<br /> Triste est beau à la fois!<br /> Je te souhaite de passer une bone journée<br /> Bisous
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C
tres bel hommage a ce monsieur<br /> bonne journée
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F
pauvre mais quelle richesse intérieure il avait !
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A
<br /> oh oui et d'être avec lui tant d'années après et de voir un homme avec autant de sagesse mais aussi avec une âme  d'enfant , c'était très impressionnant .... Bisous Josy<br /> <br /> <br />