Qu'il fait bon ne plus travailler
J'apprécie tant ne plus travailler, que je ne peux que vous le confier ....
Ne plus être tenue par l'heure, ne plus avoir à rendre des comptes, ne plus se soucier de ce qui n'est pas fait , ne plus se tracasser de ce qui aurait pu être mal fait , ne plus subir le mépris ...
Combien de fois ai-je soupiré comptant les années, les mois me séparant de ma retraite, ne voulant plus continuer ainsi, n'en pouvant plus tout simplement ...
Et puis septembre 2007 en a décidé autrement, je n'attendrais pas mes 60 ans pour m'arrêter de travailler ...
Bien sûr, j'aurais préféré malgrè tout aller jusqu'au bout, et pour cause...
Je dois avouer, maintenant que je vais mieux , ne plus travailler a été pour moi une véritable délivrance.
Ce n'est pas le travail en lui même qui me coûtait, c'est la façon dont il était exercé...
Jeune, lorsque j'ai commencé de travailler dans la justice, j'étais heureuse pensant accéder à un autre univers, j'ai vite déchanté, la justice, quelle justice ?
Les magistrats et tout leur "cinéma" ...
Mais ce que je faisais me plaisait, à l'époque pas d'informatique, au greffe civil, les jugements, les rapports d'expertise, les casiers judiciaires m'intéressaient, l'ambiance
était correcte. C'était la bonne époque . Après quelques années d'interruption, j'ai continué d'exercer dans le milieu judiciaire, mais là au sein d'un cabinet d'avocats..
Une dizaine d'années tranquille s'est écoulée, où nous étions appréciées ma collègue et moi . Nous avions affaire à l'avocat passionné par son métier, considérant chaque dossier important , ce n'était pas pour autant l'avocat provincal , ayant même défendu dans sa jeunesse Ben Barka..
Lorsqu'il a vendu son affaire à sa stagiaire qui par la suite s'est associée ... tout a changé, tout a été désorienté, bouleversé...
Au début, on avait besoin des deux anciennes comme repères, elles connaissaient bien les clients, elles savaient aussi gérer mais elles n'avaient pas fait de droit ... ce n'était que des secrétaires ...
L'ingratitude dominant, les secrétaires restaient des secrétaires ...
Le mépris a commencé, nous n'avions pas les mêmes valeurs
Pourtant le travail se faisait, les assignations étaient lancées, les conclusions rédigées.
Il faut préciser que le monde des avocats est un monde spécial...Pour la plupart, ayant fait des études supérieures, devant défendre autant la victime que le prévenu, ils doivent trouver argument de n'importe quelle façon et jouent de l'interprétation des lois ni plus ni moins . Ce sont des bons comédiens, ils se considérent être plus ou moins indispensables. On a besoin d'eux ... et ils en profitent et tout ce prestige leur monte à la tête... pour la plupart tout du moins .
La secrétaire se devait d'être là à tout entendre , à tout comprendre comme par enchantement, pourtant elles n'avaient pas fait de droit .
C'est la secrétaire pourtant qui faisait le tampon entre les clients et les patrons qui recevaient les reproches lorsque ces derniers ne s'occupaient pas assez vite de leurs dossiers.
C'est la secrétaire qui rassurait la maman lorsque les droits de visite ne se passaient pas très bien.
C'est la secrétaire qui aidait à remplir certains dossiers..
C'est la secrétaire qui tout simplement mettait à l'aise ces personnes intimidées qui venaient pour la première fois dans ce cabinet d'avocats...
Les clients savaient très bien nous apprécier , puisque des fleurs, des chocolats, des cartes postales nous étaient régulièrement dédiées...
Mais nous les secrétaires devions tout simplement nous taire, ces gens imbus d'eux mêmes qui pourtant étaient nettement plus jeunes que nous avaient la prétention de tout nous apprendre ... nous ne devions pas connaître la vie ???
Etre ainsi diminuées, méprisées nous a rendu souvent bien mal en point ... mais nous allions travailler ... et puis, moi l'année dernière et toi cette année A. ...
Coïncidence? ou tout simplement le stress ?
Vous comprendrez pourquoi ne plus travailler est une véritable délivrance.
Ne plus être tenue par l'heure, ne plus avoir à rendre des comptes, ne plus se soucier de ce qui n'est pas fait , ne plus se tracasser de ce qui aurait pu être mal fait , ne plus subir le mépris ...
Combien de fois ai-je soupiré comptant les années, les mois me séparant de ma retraite, ne voulant plus continuer ainsi, n'en pouvant plus tout simplement ...
Et puis septembre 2007 en a décidé autrement, je n'attendrais pas mes 60 ans pour m'arrêter de travailler ...
Bien sûr, j'aurais préféré malgrè tout aller jusqu'au bout, et pour cause...
Je dois avouer, maintenant que je vais mieux , ne plus travailler a été pour moi une véritable délivrance.
Ce n'est pas le travail en lui même qui me coûtait, c'est la façon dont il était exercé...
Jeune, lorsque j'ai commencé de travailler dans la justice, j'étais heureuse pensant accéder à un autre univers, j'ai vite déchanté, la justice, quelle justice ?
Les magistrats et tout leur "cinéma" ...
Mais ce que je faisais me plaisait, à l'époque pas d'informatique, au greffe civil, les jugements, les rapports d'expertise, les casiers judiciaires m'intéressaient, l'ambiance
était correcte. C'était la bonne époque . Après quelques années d'interruption, j'ai continué d'exercer dans le milieu judiciaire, mais là au sein d'un cabinet d'avocats..
Une dizaine d'années tranquille s'est écoulée, où nous étions appréciées ma collègue et moi . Nous avions affaire à l'avocat passionné par son métier, considérant chaque dossier important , ce n'était pas pour autant l'avocat provincal , ayant même défendu dans sa jeunesse Ben Barka..
Lorsqu'il a vendu son affaire à sa stagiaire qui par la suite s'est associée ... tout a changé, tout a été désorienté, bouleversé...
Au début, on avait besoin des deux anciennes comme repères, elles connaissaient bien les clients, elles savaient aussi gérer mais elles n'avaient pas fait de droit ... ce n'était que des secrétaires ...
L'ingratitude dominant, les secrétaires restaient des secrétaires ...
Le mépris a commencé, nous n'avions pas les mêmes valeurs
Pourtant le travail se faisait, les assignations étaient lancées, les conclusions rédigées.
Il faut préciser que le monde des avocats est un monde spécial...Pour la plupart, ayant fait des études supérieures, devant défendre autant la victime que le prévenu, ils doivent trouver argument de n'importe quelle façon et jouent de l'interprétation des lois ni plus ni moins . Ce sont des bons comédiens, ils se considérent être plus ou moins indispensables. On a besoin d'eux ... et ils en profitent et tout ce prestige leur monte à la tête... pour la plupart tout du moins .
La secrétaire se devait d'être là à tout entendre , à tout comprendre comme par enchantement, pourtant elles n'avaient pas fait de droit .
C'est la secrétaire pourtant qui faisait le tampon entre les clients et les patrons qui recevaient les reproches lorsque ces derniers ne s'occupaient pas assez vite de leurs dossiers.
C'est la secrétaire qui rassurait la maman lorsque les droits de visite ne se passaient pas très bien.
C'est la secrétaire qui aidait à remplir certains dossiers..
C'est la secrétaire qui tout simplement mettait à l'aise ces personnes intimidées qui venaient pour la première fois dans ce cabinet d'avocats...
Les clients savaient très bien nous apprécier , puisque des fleurs, des chocolats, des cartes postales nous étaient régulièrement dédiées...
Mais nous les secrétaires devions tout simplement nous taire, ces gens imbus d'eux mêmes qui pourtant étaient nettement plus jeunes que nous avaient la prétention de tout nous apprendre ... nous ne devions pas connaître la vie ???
Etre ainsi diminuées, méprisées nous a rendu souvent bien mal en point ... mais nous allions travailler ... et puis, moi l'année dernière et toi cette année A. ...
Coïncidence? ou tout simplement le stress ?
Vous comprendrez pourquoi ne plus travailler est une véritable délivrance.
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